Le Manival est cité dans de nombreux manuels scolaires de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) comme l’un des plus remarquables cônes de déjection des Alpes. Ses crues, parfois accompagnées de laves torrentielles (21 mars 1968, 1er sept 1991, 30/31 mai 1992, 29 juin 1998, 13 mai 2000, et la plus récente le 6 juillet 2008), sont craintes des Ismérusiens qui n’ont pour la plupart d’entre eux qu’une faible idée du pouvoir destructeur de telles crues si elles ne sont pas contrôlées.

1- Barrage filtrant du Manival et son bassin de rétention amont, le 26 décembre 2006

Heureusement, de nombreux travaux ont été réalisés ces dernières années par le RTM sur le cours du torrent du Manival afin de contrôler ses crues (réalisation de seuils et d’un barrage filtrant avec sa plage de dépôt amont – photo 1).
Par leur nature, ces ouvrages protègent avec efficacité les zones résidentielles riveraines de St-Ismier et de St-Nazaire, pour autant que l’entretien des édifices et le curage des zones de dépôt après les crues, confiés à la responsabilité du syndicat des torrents du St-Eynard (SIEST), sont bien assurés.

Pendant de nombreuses années, ces travaux de curage ont été régulièrement effectués et les riverains, rassurés, pouvaient dormir tranquilles.

2- Le torrent du Manival en crue le 6 juillet 2008


Or, depuis la dernière crue de juillet 2008 (photo 2), la zone de dépôt n’a manifestement pas été vidée de l’abondante quantité de granulats accumulés sur la plage de dépôt à l’amont du barrage filtrant.

3- 21 juin 2009 - Le barrage filtrant du Manival et son bassin de rétention amont en grande partie rempli de granulats – A comparer avec la photo n°1.









De fait, le bassin de rétention normalement prévu pour bloquer de nouvelles crues torrentielles est aujourd’hui comblé à au moins 50% de sa capacité (photo 3 prise le 21 juin 2009), et les matériaux rocheux obstruent en grande partie la partie ouverte du barrage (photo 4).

4- 21 juin 2009 - Le barrage filtrant du Manival vu de l’aval. Sa partie filtrante est en grande partie colmatée de matériaux divers troncs, branchages, matériaux rocheux.



Cette situation est des plus inquiétante.
Comment se fait-il que le curage de la zone de dépôt n’a pas été effectué ?
Que se produira-t-il si une nouvelle crue torrentielle se produit, ce qui est possible en cette période d’orages ?
Celle-ci franchira-t-elle alors le barrage ?
Qu’arrivera-t-il aux zones résidentielles si elles ne sont plus protégées ?