10 nov 2009
En mai dernier, la municipalité mettait en demeure par lettre recommandée quelques-uns de nos concitoyens, âgés de surcroît, de défricher autour de chez-eux 50 mètres de terrain boisé, parfois très boisé, en application d’un arrêté préfectoral (n°2008-0497) pour la protection des habitations contre les incendies de forêt… et cela avant le 30 juin. Certes l’intention était louable, éviter la propagation des incendies, donc protéger les habitants… La municipalité venait d’initier le "débroussaillage obligé".
Le hic, les terrains à défricher, n’étaient pas forcément sur la propriété des personnes concernées et plutôt que de demander aux réels propriétaires de défricher leur terrain, Madame le maire a adressé un courrier à ces derniers de bien vouloir gentiment autoriser Mr ou Mme X à pénétrer sur leur terrain, pour y effectuer à leur place le travail de déboisement…
La bonne affaire, faire défricher par un tiers, le terrain que l’on ne s’est pas donné la peine d’entretenir pendant des années… au risque avec les bois morts de faciliter les déplacements de feu vers les maisons avoisinantes !!!
"Mr/Mme X, vous voulez dormir tranquille, alors remontez d’abord les manches et nettoyez la propriété de vos voisins. Quant à vous les propriétaires des parcelles de bois concernées, dormez tranquille chez vous, d’autres font votre travail… ". Telle était la substance du message de la municipalité.
Il faut dire qu’à ce petit jeu la municipalité excelle ! N'a-t-elle pas inventée "le fauchage raisonné" pour ne pas avoir à défricher les talus des berges du Manival, par exemple, pourtant situées à moins de 50 mètres des habitations… La raison est belle, garder un environnement sauvage dans notre commune.
Mais les riverains du Manival se souviennent des incendies qui, il y a quelques années, se sont déclenchés sur les terres du Manival… C’était très beau – la nuit – On aurait dit une longue et belle coulée de lave incandescente. Heureusement les pompiers étaient là, et les talus du Manival bien propres… On pouvait dormir sur nos deux oreilles.
Qu’en sera-t-il lors d’une prochaine sécheresse, lors d’un prochain incendie, si la municipalité laisse pousser, broussailles, arbustes et chiendents sur les talus parce que c’est dans l’air du temps… Comment se fait-il que la municipalité érige en belle action de Développement Durable (ne pas débroussailler à moins de 50 m des maisons le long du Manival), ce qu’elle réprouve chez certains particuliers… Peut-être devrait-elle s’adresser une lettre recommandée pour mettre en application l’arrêté préfectoral du 4 juin 2008, la mettant en demeure de défricher !!


